La rénovation d'ampleur, mode d'emploi
Ce parcours ne finance pas un geste, il finance un résultat : faire gagner au moins deux classes à un logement classé E, F ou G. L'aide se calcule en pourcentage du montant des travaux, jusqu'à 80 % pour les ménages très modestes, et elle impose un passage obligé par le service public avant tout dépôt. Voici les conditions exactes au 17 septembre 2026, les montants et le calendrier.
À qui ce parcours s'adresse vraiment
La rénovation d'ampleur vise les logements les moins performants : ceux dont le diagnostic de performance énergétique (DPE) affiche E, F ou G avant la première étape de travaux. Une précision de vocabulaire utile, parce qu'elle circule souvent à l'envers : seules les classes F et G correspondent à la définition officielle d'un logement à consommation énergétique excessive. Le parcours, lui, s'ouvre dès la classe E. Le sujet est développé dans notre guide du DPE.
- Le logement : maison ou appartement en métropole, achevé depuis au moins 15 ans, occupé en résidence principale.
- Les occupants : propriétaires occupants, avec un engagement d'occupation d'au moins trois ans à compter de la demande de solde.
- Les bailleurs : même barème que les occupants, le profil étant fixé par les revenus du propriétaire ; location en résidence principale pendant au moins six ans, avec remboursement partiel en cas de manquement.
- Les revenus : tous les profils sont admis, y compris les ménages supérieurs — c'est la différence majeure avec le parcours par geste, qui les exclut.
Si votre logement est déjà classé D ou mieux, ce parcours ne vous concerne pas : le financement passe alors par les dispositifs poste par poste décrits sur les aides 2026.
Les conditions techniques du projet
Cinq exigences encadrent le contenu des travaux. Elles se vérifient sur l'audit, pas sur le devis.
- Un gain d'au moins deux classes au diagnostic, par exemple de F à D, mesuré par un audit énergétique établi avant les travaux et confirmé après.
- Au moins deux gestes d'isolation parmi quatre postes : les murs, les planchers bas, la toiture ou les combles, et les parois vitrées. Chaque geste doit porter sur au moins 25 % de la surface concernée — un mur traité à moitié ne compte pas.
- Aucune énergie fossile conservée en maison individuelle. Depuis le 1er septembre 2026, les travaux ne doivent conduire ni à installer ni à conserver un système de chauffage ou de production d'eau chaude comportant un équipement susceptible d'utiliser un combustible fossile. Seul le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid échappe à cette règle.
- Des entreprises qualifiées RGE pour l'ensemble des travaux financés.
- Un audit énergétique réalisé par un professionnel indépendant, qui décrit le scénario de travaux et la classe atteinte.
Le troisième point est celui qui change le plus de projets depuis la rentrée 2026 : une maison chauffée au gaz ou au fioul doit basculer vers un système décarboné dans le cadre du projet. En pratique, le remplacement se fait le plus souvent par une pompe à chaleur air/eau, sujet traité aussi sous l'angle du remplacement de chaudière. Les maisons déjà chauffées à l'électricité ou au bois restent éligibles sans changer de système.
Côté isolation, la combinaison la plus fréquente associe la toiture à l'un des deux autres postes opaques : voir le dossier isolation pour l'ordre de priorité et les performances exigées.
Les étapes obligatoires avant de déposer un dossier
Avant tout dépôt de dossier, un rendez-vous avec un conseiller France Rénov' (le service public) est obligatoire. Viennent ensuite un audit énergétique et un accompagnement par un opérateur indépendant, obligatoires eux aussi, que nous vous aidons à préparer.
Ce séquencement n'est pas une formalité administrative : c'est lui qui conditionne l'acceptation du dossier. Trois points méritent d'être compris avant de démarrer.
- Le rendez-vous avec le conseiller est sans frais et donne lieu à une attestation, exigée au dépôt. Le service public informe sans lien commercial avec une entreprise.
- L'opérateur qui vous accompagne est tenu à une stricte neutralité. Il ne réalise pas les travaux et ne peut pas orienter le choix des entreprises. Une société qui prétend vous fournir à la fois cet accompagnement et le chantier sort du cadre.
- Le coût de l'accompagnement est pris en charge, dans la limite de 2 000 € TTC — 4 000 € en situation d'habitat indigne. La prise en charge couvre la totalité de ce montant pour les ménages très modestes, 80 % pour les modestes, 40 % pour les intermédiaires et 20 % pour les supérieurs, et elle ne réduit pas l'enveloppe consacrée aux travaux.
L'audit énergétique mérite une page à lui seul : son contenu, son coût et la façon de le lire sont détaillés dans notre guide de l'audit énergétique.
Ce que verse l'Anah, selon le gain et les revenus
L'aide est un pourcentage du montant hors taxes des travaux, appliqué à une dépense plafonnée. Deux paramètres commandent le calcul : le nombre de classes gagnées et le profil de ressources du ménage.
| Profil de ressources | Taux de l'aide | Aide maximale (gain de 2 classes, plafond 30 000 € HT) | Aide maximale (3 classes ou plus, plafond 40 000 € HT) |
|---|---|---|---|
| Très modestes (bleu) | 80 % | jusqu'à 24 000 € | jusqu'à 32 000 € |
| Modestes (jaune) | 60 % | jusqu'à 18 000 € | jusqu'à 24 000 € |
| Intermédiaires (violet) | 45 % | jusqu'à 13 500 € | jusqu'à 18 000 € |
| Supérieurs (rose) | 10 % | jusqu'à 3 000 € | jusqu'à 4 000 € |
Montant exact après étude : ces lignes sont des maximums théoriques, atteints seulement si le montant des travaux atteint le plafond et si le gain de classes est confirmé par l'audit final.
Pour situer le montant auquel ces taux s'appliquent, le tableau publié plus bas reprend le coût moyen des chantiers réellement engagés en 2024, mesuré par la statistique publique. Ce sont des repères de marché, pas un devis.
Un second garde-fou s'applique ensuite, l'écrêtement : toutes aides confondues, le total perçu ne peut pas dépasser une part du montant TTC de la dépense. Cette part correspond à la totalité de la dépense engagée pour les ménages très modestes, à 90 % pour les modestes, à 80 % pour les intermédiaires et à 50 % pour les ménages supérieurs. Il reste donc toujours une part à financer, et toute promesse contraire doit vous alerter.
À noter enfin : le barème 2026 ne comporte aucun bonus supplémentaire pour la sortie des classes F et G en maison individuelle. Le détail du dispositif et du parcours par geste est sur la page MaPrimeRénov'.
Pourquoi les certificats d'économies d'énergie ne s'ajoutent pas
C'est la question qui revient le plus souvent en rendez-vous, et la réponse est nette : dans ce parcours, les certificats d'économies d'énergie ne sont pas cumulables. L'Anah les valorise elle-même dans le financement de l'aide, et le ménage s'engage à ne pas en demander de son côté. Autrement dit, personne ne peut vous proposer une prime versée par un fournisseur d'énergie en plus de cette aide sur les mêmes travaux.
Ce que vous pouvez cumuler, en revanche :
- Les aides des collectivités : région, département, intercommunalité ou commune, dans la limite de l'écrêtement décrit plus haut.
- Les aides des caisses de retraite et des organismes sociaux, selon votre situation.
- Un prêt à taux zéro pour le solde, décrit dans la section suivante.
- La TVA à 5,5 %, qui s'applique aux travaux d'amélioration énergétique dans un logement achevé depuis plus de deux ans.
Le fonctionnement des certificats, leur logique de volume et les règles de chronologie propres au parcours par geste sont expliqués sur la page prime CEE. C'est utile à lire même si vous visez la rénovation d'ampleur : l'arbitrage entre les deux voies se fait souvent sur ce point précis.
Financer le reste : le prêt à taux zéro
Un éco-PTZ peut couvrir la part restante, jusqu'à 50 000 € remboursables sur 20 ans, sans intérêt et sans condition de ressources. Dans ce parcours, la procédure est simplifiée : la notification de l'Anah remplace la transmission des devis à la banque, et vous disposez de six mois pour débloquer le prêt.
Deuxième levier de trésorerie : les propriétaires occupants des profils très modestes et modestes peuvent demander une avance de 30 % du montant de l'aide pour lancer le chantier. Cette avance est versée au bénéficiaire, jamais à une entreprise ni à un tiers.
Deux rappels de prudence, valables quel que soit le montage. L'aide est versée par l'Anah après travaux, sur le compte que vous créez vous-même sur france-renov.gouv.fr : aucune entreprise ne peut créer ce compte à votre place. Et le démarchage téléphonique en rénovation énergétique est interdit : une proposition reçue par téléphone sans demande de votre part n'a rien à faire dans votre projet.
Le calendrier d'un projet, du premier contact au solde
Une rénovation d'ampleur se compte en mois, pas en semaines. L'ordre est imposé et chaque étape conditionne la suivante :
- Estimation de votre situation et de la classe visée, à partir du DPE existant. Le simulateur donne une première fourchette, jamais un montant garanti.
- Rendez-vous avec le conseiller France Rénov', obligatoire, et attestation délivrée à cette occasion.
- Audit énergétique et désignation de l'opérateur indépendant qui vous accompagne.
- Devis détaillés par lot de travaux, établis après visite technique, avec la date de cette visite portée sur le devis.
- Dépôt du dossier et attente de la notification. Aucun travail ne démarre avant.
- Chantier, puis audit après travaux, demande de solde et versement.
Les travaux doivent être achevés dans les trois ans suivant la notification — un an si une avance a été versée — avec une prolongation possible de deux ans au plus sur demande motivée. Il est également possible d'étaler le projet en deux étapes sur cinq ans, à condition d'atteindre au final la classe visée par le scénario de l'audit.
Pour organiser un premier rendez-vous technique, passez par la page contact. Nous intervenons dans les Hauts-de-France, le Grand Est et l'Île-de-France : voir les zones d'intervention.
Notre rôle, et ce qu'il ne peut pas être
Nous réalisons les travaux : chauffage décarboné, isolation des combles et des rampants, isolation des murs par l'intérieur, isolation des planchers bas, menuiseries. Nous préparons avec vous les pièces du dossier, nous chiffrons chaque lot séparément et nous tenons le calendrier imposé par la notification.
Nous ne réalisons ni l'audit énergétique, ni l'accompagnement : la réglementation impose leur indépendance, et c'est une protection pour vous. Notre travail consiste à vous aider à les préparer, pas à les organiser à votre place ni à choisir qui les effectue.
Avant la signature, nous indiquons par écrit sur le devis les signes de qualité détenus pour chaque lot de travaux, comme la loi l'impose depuis le 2 juillet 2025. Sur un poste que nous ne sommes pas qualifiés à réaliser, nous n'annonçons aucun financement comme acquis : c'est la seule façon d'éviter un refus de dossier après le chantier.
Repères de prix
Un projet global ne se compare pas à un geste isolé, et ces moyennes le montrent. Les trois premières lignes sont mesurées par l'observatoire national de la rénovation énergétique (SDES) en juillet 2026 sur les 50 733 logements engagés en 2024 dans le parcours accompagné : ce sont des moyennes de populations différentes, jamais les bornes d'une fourchette de devis, et la publication ne précise pas le régime de TVA. La quatrième vient des chiffres clés de l'Anah pour 2024, parus en 2025. Aucun de ces montants n'est un prix France Thermo. L'aide n'y est pas chiffrée : elle est ici un pourcentage du montant hors taxes, qui dépend du gain de classes et de vos revenus — le barème publié plus haut et le simulateur donnent l'ordre de grandeur.
| Travaux | Montant relevé |
|---|---|
| Rénovation d'ampleur, ménages modestes — coût moyen des travaux avant aide, 39 420 logements engagés en 2024 (ONRE) | 52 909 € |
| Rénovation d'ampleur, ménages aux revenus plus élevés — 11 313 logements engagés en 2024 (ONRE) | 59 661 € |
| Appartement en copropriété — coût moyen par logement, mêmes dossiers de 2024 (ONRE) | 22 300 € |
| Coût moyen des travaux par dossier de rénovation d'ampleur — chiffres clés de l'Anah | 55 065 € en 2024, contre 37 460 € en 2023 |
Vos aides 2026, estimées en 2 minutes
Quelques questions, une estimation claire, puis une étude gratuite à domicile. Sans engagement.
- Prime CEE déduite du devisLa prime CEE est déduite dès le devis ; MaPrimeRénov’ est montée avec vous et versée par l’Anah après travaux.
- Dossier monté à votre placeUn conseiller dédié, du premier appel à la mise en service.
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Le simulateur a besoin de JavaScript. Sans JavaScript, appelez-nous au 01 89 62 32 51 pour obtenir la même estimation.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une rénovation d'ampleur en 2026 ?
C'est un parcours qui finance un résultat mesuré et non un geste isolé : un logement classé E, F ou G doit gagner au moins deux classes au diagnostic de performance énergétique, justifiées par un audit avant et après travaux. Le projet doit comprendre au moins deux gestes d'isolation portant chacun sur au moins 25 % de la surface concernée, et, en maison individuelle, ne conserver aucun chauffage ni aucune production d'eau chaude au fioul, au gaz ou au charbon depuis le 1er septembre 2026.
Quel montant d'aide pour une rénovation d'ampleur ?
L'aide atteint 80 % du montant hors taxes pour les ménages très modestes, 60 % pour les modestes, 45 % pour les intermédiaires et 10 % pour les ménages supérieurs, dans la limite de 30 000 € de travaux pour un gain de deux classes et de 40 000 € pour trois classes ou plus. Soit jusqu'à 32 000 € pour un ménage très modeste sur le plafond le plus élevé. Un écrêtement limite ensuite le total de toutes les aides à une part du montant TTC. Montant exact après étude.
Peut-on garder sa chaudière gaz dans une rénovation d'ampleur ?
Non en maison individuelle, depuis le 1er septembre 2026 : les travaux ne doivent conduire ni à installer ni à conserver un système de chauffage ou de production d'eau chaude comportant un équipement susceptible d'utiliser un combustible fossile. Seul le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid fait exception. Une maison au gaz ou au fioul doit donc basculer vers un système décarboné dans le cadre du projet ; les logements déjà chauffés à l'électricité ou au bois ne sont pas concernés.
Peut-on cumuler ce parcours avec une prime CEE ?
Non : les certificats d'économies d'énergie ne sont pas cumulables avec ce parcours, parce que l'Anah les valorise elle-même dans le calcul de l'aide et que le ménage s'engage à ne pas en demander. Restent cumulables les aides des collectivités et des caisses de retraite, dans la limite de l'écrêtement, l'éco-PTZ pour le solde et la TVA à 5,5 %. C'est souvent sur ce point que se décide l'arbitrage entre une rénovation globale et des travaux poste par poste.
Le rendez-vous avec France Rénov' est-il vraiment obligatoire ?
Oui. Avant tout dépôt de dossier, un rendez-vous avec un conseiller France Rénov', le service public, est obligatoire et donne lieu à une attestation exigée au dépôt. Viennent ensuite l'audit énergétique et un accompagnement assuré par un opérateur indépendant, obligatoires eux aussi, que nous vous aidons à préparer. Cet opérateur est tenu à une stricte neutralité : il ne réalise pas les travaux et n'oriente pas le choix des entreprises.
Combien de temps dure une rénovation d'ampleur ?
Les travaux doivent être achevés dans les trois ans suivant la notification de la décision, délai ramené à un an lorsqu'une avance a été versée, avec une prolongation possible de deux ans au plus sur demande motivée. Le projet peut aussi être découpé en deux étapes sur cinq ans, à condition d'atteindre au final la classe prévue par le scénario de l'audit. Avant le chantier, comptez le temps du rendez-vous conseiller, de l'audit et de l'instruction du dossier.
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