Changer ses fenêtres dans le Bas-Rhin : chaleur d'été et façades protégées
Le Bas-Rhin est le département le plus chaud de notre zone en été : 17,4 jours par an atteignent 30 °C à Strasbourg. C'est aussi celui où le parc est le plus collectif, avec 44,4 % de maisons seulement, et le plus densément protégé, avec 450 immeubles classés ou inscrits. Trois faits qui déplacent le choix d'une menuiserie du côté du vitrage solaire et de l'autorisation.
17,4 jours à 30 °C : le facteur solaire avant le coefficient thermique
Relevé à la mairie de Strasbourg sur 2015-2024 par réanalyse ERA5 — une maille de 9 à 25 km, pas une station météo —, le climat bas-rhinois donne 17,4 jours à 30 °C ou plus par an, le chiffre le plus élevé de notre zone d'intervention, pour 2 527 degrés-jours de chauffage et 54,7 jours de gel. Une plaine continentale : l'hiver est long, mais l'été compte vraiment.
Sur une menuiserie, cet été se traite par le facteur solaire Sw, c'est-à-dire la part d'énergie solaire que le vitrage laisse entrer. Trois principes s'appliquent ici plus qu'ailleurs :
- Un Sw bas protège en juillet et coûte en janvier. Avec 2 527 degrés-jours de chauffage, priver une façade sud de ses apports solaires se paie tout l'hiver. Le vitrage à contrôle solaire se réserve donc aux baies réellement exposées, souvent à l'ouest, jamais par défaut sur toute la maison.
- Une protection extérieure mobile bat le verre filtrant. Volet, store ou brise-soleil arrêtent le rayonnement avant le vitrage et se manœuvrent selon la saison, ce qu'un verre ne sait pas faire.
- Le triple vitrage ne règle pas la surchauffe. Il abaisse le coefficient Uw, alourdit l'ouvrant et impose une quincaillerie renforcée, mais il réduit aussi les apports d'hiver. Sur une grande baie plein sud bas-rhinoise, il n'est pas la réponse évidente.
Le plancher réglementaire ne change pas pour autant : toute fenêtre ou porte-fenêtre remplacée dans un bâtiment existant doit présenter un Uw au plus égal à 1,9 W/m².K, le volet étant pris en compte lorsque la menuiserie en est équipée. Sur un devis sérieux, les deux valeurs figurent : le Uw de la fenêtre complète et le Sw du vitrage retenu.
44,4 % de maisons : la fenêtre passe souvent par l'assemblée générale
Avec 263 604 maisons pour 593 877 logements, le Bas-Rhin n'est qu'à 44,4 % individuel : plus d'un logement sur deux est un appartement. C'est la structure de parc la plus collective de nos départements du Grand Est, et elle change la manière dont un chantier de menuiseries se décide.
Dans un immeuble, les fenêtres donnant sur l'extérieur relèvent de l'aspect de la façade. Le règlement de copropriété peut imposer une teinte, un matériau et un dessin communs, et le remplacement passe alors par une décision d'assemblée générale, même quand les menuiseries sont privatives. Trois conséquences concrètes :
- Le calendrier n'est pas celui du logement mais celui de la copropriété. Un modèle est arrêté pour tout l'immeuble, puis chaque lot s'y conforme.
- Le relevé reste individuel. Deux logements superposés n'ont pas les mêmes cotes après cinquante ans, et une trémie de balcon ou un coffre de volet roulant modifie la hauteur utile.
- L'entrée d'air ne se supprime pas. Dans un immeuble équipé d'une ventilation mécanique collective, les bouches d'extraction ne fonctionnent que si l'air entre par les pièces principales.
La réglementation encadre ce dernier point : les fenêtres et portes-fenêtres neuves des pièces principales doivent recevoir des entrées d'air, sauf si la pièce en possède déjà ou dispose d'une bouche d'insufflation, avec des modules minimaux de 45 en chambre et 90 en séjour, réductibles lorsque l'extraction mécanique permet un dimensionnement inférieur.
450 immeubles protégés : Strasbourg, Sélestat, Wissembourg, Obernai
Le Bas-Rhin concentre 450 immeubles protégés au titre des monuments historiques sur les 35 communes que nous suivons, dont 232 à Strasbourg, 35 à Sélestat, 27 à Wissembourg et 25 à Obernai. Deux de ces communes sont couvertes par un site patrimonial remarquable : Strasbourg, dont le plan de sauvegarde et de mise en valeur a été approuvé le 9 avril 1974, et Reichshoffen, protégée depuis 2003.
Dans ces périmètres et aux abords d'un immeuble protégé, l'architecte des bâtiments de France est consulté, et les points suivants cessent d'être un choix personnel : la teinte, la section des profilés, le nombre de vantaux, la présence et le dessin des petits-bois, parfois le matériau lui-même. Sur les maisons anciennes à pans de bois des centres historiques, s'y ajoute une contrainte technique : les ouvertures ne sont ni régulières, ni d'équerre, et la structure bois n'accepte aucun élargissement.
Hors de ces périmètres, la règle générale reste applicable partout dans le département : dès que la teinte, le matériau, le dessin ou les dimensions modifient l'aspect extérieur, une déclaration préalable est exigée en mairie. Le bon ordre est donc toujours le même : relevé, vérification du règlement applicable, puis commande — une menuiserie sur mesure refusée après fabrication ne se transforme pas.
Vingt-deux points d'écart : les maisons portent le retard
Sur les 41 361 maisons diagnostiquées du Bas-Rhin, 44,5 % ressortent en classe E, F ou G, contre 22,2 % sur les 244 264 diagnostics tous logements : vingt-deux points d'écart. Ces données décrivent les logements diagnostiqués, le plus souvent lors d'une vente ou d'une location, et non le parc entier du département. Elles disent néanmoins où se trouvent les enveloppes les plus faibles.
37,9 % des résidences principales bas-rhinoises ont été achevées avant 1971, la proportion la plus basse du Grand Est sur notre zone, tandis que 27,0 % relèvent de la tranche 1971-1990. Sur ce parc des années 1970 et 1980, on retrouve trois générations de menuiseries : des dormants bois d'origine, des châssis aluminium sans rupture de pont thermique, et les premiers doubles vitrages à intercalaire métallique, dont le joint de scellement périphérique arrive en fin de vie bien avant le verre.
Le choix entre pose en rénovation — on conserve le dormant existant, le chantier est court, le clair de jour diminue — et dépose totale — on retire le cadre jusqu'au gros œuvre, on restitue la surface vitrée et on reprend l'étanchéité, avec des reprises de finition à chiffrer — se décide sur l'état réel du dormant, ouverture par ouverture.
Le financement, lui, ne se chiffre pas depuis un site : la question s'instruit pendant l'étude, une fois le logement vu.
Où nous relevons dans le Bas-Rhin
Nos relevés couvrent l'Eurométropole, l'Alsace du Nord, la bande rhénane et le piémont. Pages disponibles : Strasbourg, Haguenau, Schiltigheim, Sélestat et Saverne. Les autres communes du département sont relevées sans page dédiée.
Les matériaux, les types de vitrage et les techniques de pose sont détaillés sur le dossier fenêtres, portes et baies. Le parc de logements bas-rhinois, ses bassins et ses guichets publics figurent sur la page zone du Bas-Rhin. Pour les parois opaques, voir l'isolation dans le Bas-Rhin, et pour l'ordre de priorité entre toiture, murs et ouvertures, le dossier isolation. Les deux autres départements alsaciens et vosgien que nous couvrons ont leur page : le Haut-Rhin, la Moselle et les Vosges ; l'ensemble du territoire est présenté sur les zones d'intervention. Des chantiers de menuiseries sont visibles dans les réalisations et le relevé se demande depuis la page contact. Un contrat signé à votre domicile peut être annulé pendant 14 jours, et les signes de qualité détenus pour les travaux concernés sont écrits sur le devis avant la signature.
Questions fréquentes
Quel vitrage choisir dans le Bas-Rhin, où les étés sont chauds ?
Le vitrage à contrôle solaire se réserve aux baies réellement exposées. Strasbourg compte 17,4 jours à 30 °C ou plus par an, le maximum de notre zone, mais aussi 2 527 degrés-jours de chauffage : un facteur solaire Sw bas protège en juillet et coûte tout l'hiver. Une protection extérieure mobile, volet ou store, arrête le rayonnement avant le verre et s'adapte à la saison. Le triple vitrage, lui, abaisse le coefficient Uw mais ne règle pas la surchauffe et réduit les apports d'hiver.
Puis-je changer mes fenêtres seul dans une copropriété alsacienne ?
Rarement. Le Bas-Rhin ne compte que 44,4 % de maisons, soit 263 604 sur 593 877 logements : la majorité des projets concerne des appartements. Les fenêtres donnant sur l'extérieur relèvent de l'aspect de la façade, le règlement de copropriété peut imposer teinte, matériau et dessin, et le remplacement passe alors par une décision d'assemblée générale. Le modèle est arrêté pour l'immeuble, puis chaque logement s'y conforme, avec un relevé individuel malgré tout.
Quelles règles à Strasbourg, Sélestat ou Obernai ?
Strasbourg est couverte par un site patrimonial remarquable dont le plan de sauvegarde et de mise en valeur date du 9 avril 1974. Les 35 communes bas-rhinoises que nous suivons rassemblent 450 immeubles protégés au titre des monuments historiques, dont 232 à Strasbourg, 35 à Sélestat, 27 à Wissembourg et 25 à Obernai : les abords de ces immeubles sont soumis à l'avis de l'architecte des bâtiments de France. Teinte, section des profilés, nombre de vantaux et petits-bois y sont encadrés.
Pourquoi les maisons bas-rhinoises sont-elles si mal classées ?
Parce qu'elles perdent de la chaleur sur toutes leurs faces et que le parc individuel est plus ancien que le parc collectif. Sur les 41 361 maisons diagnostiquées du département, 44,5 % ressortent en classe E, F ou G, contre 22,2 % des 244 264 diagnostics tous logements. Ces chiffres portent sur les logements diagnostiqués, en général lors d'une vente ou d'une location, pas sur le parc entier. Ils orientent la priorité : sur une maison, l'enveloppe se traite avant l'équipement.
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